L’acte de création est
souvent difficile et c’est pour cette raison que la promotion
d’un discours positif, voire incitatif, est une dimension
clé des politiques locales à vocation entrepreneuriale
mises en œuvre par les collectivités territoriales. La
promotion est donc la première dimension mesurée par le
classement ECER-Banque Populaire.
Le premier enseignement livré par les résultats est le
clivage nord-sud. Les villes du nord sont dans l’ensemble mieux
classées que celles du sud. C’est un clivage
d’ensemble que l’on retrouve dans le classement
général.
Le deuxième enseignement est le très bon résultat
obtenu par les villes allemandes qui constituent le duo de tête
de cette thématique.
Enfin, l’analyse révèle aussi un fait très
instructif : les villes de province semblent souvent mieux se classer
que les capitales de leurs pays respectifs. Berlin est moins bien
classée que les autres villes allemandes, Porto est devant
Lisbonne, Lyon, Lille et Marseille sont devant Paris, Barcelone devant
Madrid, Turin et Naples devant Rome, Malmo devant Stockholm… Ce
résultat peut s’expliquer de deux manières. On peut
évoquer un probable effet-taille qui jouerait au
détriment des capitales puisque ces dernières verraient
leur politique de promotion se diluer. Organiser le salon des
entrepreneurs est un évènement à Lyon et une
manifestation parmi beaucoup d’autres à Paris. La
promotion entrepreneuriale dans les grandes capitales serait moins
audible. La seconde explication est que les villes de province ont plus
intérêt à développer les politiques de
développement endogène tandis que les capitales sont, du
fait de leur statut, plus attractive pour les investissements
étrangers et les sièges sociaux des grandes firmes
multinationales.
L'ante-création
Une phase cruciale pour les entrepreneurs
Les spécialistes de l’entrepreneuriat le savent bien : la
phase qui précède la création d’entreprise
est cruciale.
Ceci est confirmé par l’étude d’impact qui
montre à quel point cette phase est jugée cruciale par
les entrepreneurs eux-mêmes.
En outre, c’est à ce moment-là que les
entrepreneurs sont difficiles à identifier et, par
conséquent, à accompagner. D’où
l’importance des actions de proximité conduites par les
villes.
Les villes allemandes occupent les trois
premières places. À l’exception de Berlin, plus mal
classée comme bien d’autres capitales (Copenhague, Rome,
Paris…), les entrepreneurs allemands se déclarent
très satisfaits par les dispositifs d’accompagnement
ante-création. Les réponses avoisinent près de 80%
de satisfaction. On notera aussi les bons indices de satisfaction des
villes de l’Europe de l’Est comme Varsovie (5ème) et
Budapest (7ème) et dans une moindre mesure Riga (12ème)
et Prague (14ème). Les pays en transition ont
considérablement progressé ces dernières
années en matière de politiques d’accompagnement
entrepreneurial.
La Post-création
Le thème
post-création regroupe des domaines aussi variés que les
services de conseil, la gestion opérationnelle (suivi
commercial, tableau de trésorerie, gestion
prévisionnelle…) mais aussi la durée des services
et des prestations d’accompagnement. Globalement, ce sont les
villes scandinaves qui se situent en tête du classement. Une
seule exception notable : Copenhague*.
En matière de satisfaction
post-création, le clivage capitale/villes de province est aussi
relativement important : Paris, Londres, Rome, Lisbonne sont moins bien
classées. Mais Stockholm surclasse les villes suédoises.
* Remarque : le prochain classement ECER-Banque Populaire veillera à enrichir le nombre de villes danoises pour pouvoir
jauger les performances propres à Copenhague et à celles
du Danemark. De ce fait, il sera aussi possible de mieux cerner
la différence de résultats entre les divers pays scandinaves.