Bonne performance des villes allemandes
Pour la deuxième édition du classement
ECER-Banque Populaire, les villes allemandes connaissent une nette
progression. Les entrepreneurs allemands semblent satisfaits et sont
globalement moins durement touchés par la crise que les autres
entrepreneurs européens.
Ces résultats s’expliquent par plusieurs faits :
1) Une Allemagne tardivement touchée par la crise
Alors que les différents pays
européens ont éprouvé des difficultés face
à la crise début 2008, l’Allemagne a
commencé à ressentir les premiers signes de la crise dans
son économie seulement mi-octobre 2008,
c'est-à-dire 6 mois après les autres pays
européens
2) Une réaction rapide du gouvernement allemand face aux premiers signes de crise
Le gouvernement a très rapidement fait face
aux premiers signes de crise avec de nombreuses mesures de relance :
- Le plan de sauvetage bancaire : votée mi-octobre (2008),
cette enveloppe de 480 milliards d'euros offre aux banques des
garanties de crédit pour faciliter les prêts
interbancaires et des possibilités de recapitalisation.
- Deux plans de relance : un paquet d'une valeur totale de 31
milliards a été adopté début
décembre 2008 incluant un changement des comptabilisations des
amortissements pour les entreprises, des exonérations de taxes
pour les véhicules propres et un programme de crédit de
la KfW de 20 milliards. Un second plan de 40 à 50 milliards
d’exonérations fiscales, d’allègements de
charges sociales et d’investissement dans les infrastructures.
3) Une aide abondante pour les entreprises allemandes
De nombreuses aides sont distribuées à
tous les niveaux : Länder, aides fédérales,
communes... (subventions à l’investissement
exonérées d’impôts, prêts à des
taux très avantageux, le cautionnement, exonération
d’impôt en matière de primes à
l’investissement et l’exonération des taxe
professionnelle…).
ECER 2009 a
révélé une forte insatisfaction des entrepreneurs
anglo-Saxons vis-à-vis des aides publiques favorisant la
création d’entreprise. Ce constat en 2009 vient infirmer
les résultats de la première édition du classement
qui plaçaient les entrepreneurs anglais parmi les plus
satisfaits.
Dans un contexte de crise, il s’agit ici de
savoir pourquoi les entrepreneurs anglais, plus que tous les autres
entrepreneurs en Europe, sont particulièrement
mécontents, et notamment à Birmingham.
Une crise mondiale qui affecte tout particulièrement l’Angleterre :
- Les difficultés aux USA, en Chine et également en
Inde ont des impacts forts et directs sur l’Angleterre.
Malgré l’importante dépréciation de la livre
sterling, les exports sont faibles et la balance commerciale est
négative.
Une économie anglaise fragilisée et d’importantes incertitudes :
- L’économie anglaise est en pleine récession
(prévisions de croissance en 2008 : -1,5%) – « la
récession s’annonce en Angleterre plus profonde que
partout ailleurs en Europe en 2009 ». Les entrepreneurs anglais
sont très inquiets. Le moral des entrepreneurs britanniques est
au plus bas (UK Quarterly Economic Survey).
- L’industrie s’effondre ici plus qu’ailleurs. Et
plus particulièrement le secteur de l’industrie
automobile, et notamment le West Midlands (région de Birmingham)
dont l’économie locale est très affectée
avec d’importantes pertes de parts de marché. Le taux de
confiance des entrepreneurs n’a jamais été aussi
bas depuis 1998 selon un sondage réalisé sur la ville
(Quarterly Economic Survey, British Chamber of Commerce).
- Les PME rencontrent de grosses difficultés de financement
selon l’étude de KPMG Birmingham. M. Alistair Darling,
Chancelier, appelle le gouvernement à venir urgemment en aide
aux PME du West Midlands.
Un gouvernement britannique très impopulaire :
- Le gouvernement britannique est très impopulaire en ce
moment car les entrepreneurs ressentent un manque d’aide
flagrant. Le plan de relance global du gouvernement privilégie
le pouvoir d’achat des ménages. Le plan d’aide aux
PME arrive 7 mois après le début de la crise et est
jugé nettement insuffisant par les entrepreneurs.
Des banques qui ne prêtent plus :
- Bien que le gouvernement anglais ait injecté des millions
de pounds dans le système bancaire, les banques ont gelé
les crédits aux entreprises. Les entrepreneurs
fédérés autour de la Confédération
of British Industry dénonce ainsi l’attitude des banques
incapables de venir en aide aux entreprises anglo-saxonnes.
Un chômage important avec 3
millions de chômeurs prévus en 2009 contre 2 millions en
2008 contribue à l’inquiétude des entrepreneurs.