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    Dans un contexte économique médiocre, les politiques locales de soutien à l’entrepreneuriat prennent une importance croissante. Comme le souligne Nadine Levratto, chargée de recherche au CNRS « Les villes françaises semblent avoir pris conscience de cette nécessité ainsi qu’en atteste l’amélioration globale de l’appréciation portée par les entrepreneurs eux-mêmes sur les dispositifs dont ils bénéficient. L’amélioration est sensible puisque plus de 10 points séparent le score total de 2008 de celui obtenu lors du classement de 2007 ». Toutes les villes voient leur position améliorée. Le plus fort écart est observé pour Marseille, le moins important pour Lyon. Paris et Lille se trouvent entre les deux.

1) Stabilité des différentes composantes du classement et le classement général.
    La hiérarchie observée est stable. Lille, Lyon Marseille, Paris se succèdent dans cet ordre pour tous les critères, à l’exception de la rubrique environnement pour laquelle les deux premiers ont en ordre inversé. Sans doute faut-il voir dans cette exception la qualité culturelle et environnementale lyonnaise que l’opération Lille « capitale culturelle » n’a pas suffi à corriger.
  • La dynamique Lilloise : les efforts lillois en matière de création d’entreprises illustre l’importance des moyens que la commune accorde à ce qui est désormais considéré comme le meilleur moteur de la croissance. Avec plus de 20 organismes d’aide et de soutien à la création, la métropole lilloise se positionne comme l’une des plus dynamiques en termes de création d’entreprises. Toutes les étapes du processus de création sont couvertes et la municipalité, aussi bien que la Chambre de Commerce et d’Industrie, mettent l’accent sur la création d’entreprises comme complément nécessaire aux grands groupes qui structurent la région (3 Suisses, Arc International, Auchan, Bonduelle ou encore Castorama, Cofidis, Dalkia, Decathlon, Finaref, Groupe Vauban, La Mondiale, La Redoute, Leroy Merlin, Renault…).
  • La stratégie lyonnaise est très proche de celle du grand Lille. L'entrepreneuriat est une priorité pour le développement économique de l'agglomération lyonnaise. C'est un vecteur d'insertion sociale et de création d'emplois. Il contribue fortement au renouvellement du tissu économique. Le dispositif « Lyon, ville de l’entrepreneuriat » atteste de cette priorité. Avec 11 800 créations d’établissement dont 2 000 reprises en 2007 (soit +23 % en 5 ans contre +13 % pour les 9 autres plus grandes villes de France), Lyon se présente d’ailleurs comme l’un des principaux pôles du pays en matière d’entrepreneuriat.
  • La troisième position de Marseille est constante sur l’ensemble des composantes du classement final. C’est sur la promotion de l’entrepreneuriat que la ville réalise son meilleur score. La satisfaction des entrepreneurs est en revanche bien moins élevée en ce qui concerne les autres thèmes, y compris l’environnement. Ce point ne cesse de surprendre au regard des efforts réalisés pour améliorer le cadre de vie ; cependant le point noir des transports explique peut-être cette position médiocre. Selon Nadine Levratto, « la 3ème position de Marseille trouve une forme de confirmation par les difficultés que l’on éprouve à trouver un site internet exclusivement et généralement dédié à cette question en tapant les mots « création, entreprises, Marseille » sur un moteur de recherche bien connu. La différence avec les deux villes précédentes est nette ». Alors que pour Lille et Lyon, l’un des premiers sites internet proposé est celui des services économiques de l’agglomération ou de la CCI, rien de tel pour Marseille. La marge de progrès de la métropole du sud de la France est donc importante sur le plan de l’information et des dispositifs effectivement mis en œuvre.
2) L’écart entre les métropoles régionales et la capitale est le second point sur lequel il semble indispensable d’insister.
    La région parisienne arrive en 4ème position des villes françaises. A travers le monde, les « régions capitales » sont des moteurs des économies nationales et constituent des pôles d'innovation et de compétitivité. Paris et sa petite couronne (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) représentent plus de 300 000 entreprises, soit 20 % du PIB français. La Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris chiffre à 40 % la part de la R&D française et des emplois supérieurs localisés en Ile-de-France. S'y concentrent 33 % du secteur de la haute technologie en termes d'emplois et d'établissements, 38 % des sièges sociaux des entreprises installées en France, 47 % des cadres d'entreprises. Le potentiel de l'Île-de-France est donc conséquent au niveau national, cela est également le cas au niveau européen puisque la région représente 8 % des dépenses européennes de R&D publique comme privée. Avec 3,2 % du PIB, l'intensité de la R&D d'Île-de-France est supérieure à l’objectif de Lisbonne (3 %), tandis que la région Ile-de-France publie 7,2 % des publications européennes (2ème position derrière Londres).
    Face à cette prééminence accordée à l’innovation, il est peut-être normal que des activités plus routinières soient moins bien traitées par les pouvoirs publics locaux, expliquant ainsi la relative insatisfaction des entrepreneurs interrogés. En 2007, 75 300 nouvelles entreprises sont enregistrées en Ile-de-France. Il s’agit du plus haut niveau observé sur la période 1994-2007. Sur les 306 500 entreprises nouvellement créées sur le territoire national, un quart sont franciliennes. Avec 12 % des créations nationales, la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur figure au deuxième rang, devant Rhône-Alpes (11 % des créations). Ces trois régions accueillent la moitié des créations d’entreprises françaises
    Plusieurs phénomènes peuvent concourir au moindre dynamisme francilien. Au premier rang en nombre de créations, la région Ile-de-France se situe au dernier rang en termes d’évolution. Le nombre annuel des créations d’entreprises, ayant atteint un niveau très élevé, l’Ile-de-France figure parmi les régions qui concentrent le plus de créations par rapport à leur tissu d’entreprises. De ce fait, l’entrée de nouvelles entreprises sur des marchés où l’offre est déjà importante ou bien, au contraire, la demande est en recul, serait de plus en plus difficile, ce qui contribuerait au ralentissement des créations. A l’inverse, certaines régions de province connaissant un fort dynamisme se trouveraient en situation de rattrapage. Une partie des créations d’entreprises relève, en effet, de la sphère résidentielle et profite à plein à des régions qui bénéficient d’une forte progression de leur population, comme celles de la façade atlantique et du sud de la France.

3) Au total, la création d’entreprises apparaît comme l’une des principales composantes des politiques publiques en faveur de la croissance des territoires.
    D’une manière générale, de nombreuses mesures sont décidées pour accompagner les petites entreprises qui ont pour vocation de maintenir leur activité, d’en favoriser la modernisation et d’en assurer le développement.
    Les dispositifs d’aide à la création et à la pérennisation des petites entreprises s’affirment comme l’instrument le plus fréquemment utilisé. Dresser l’inventaire du réseau et des aides aux TPE n’est toutefois pas aisé. Estimé par le Conseil national de la création d’entreprises, le nombre de structures qui interviendraient, d’une manière ou d’une autre, dans le soutien à la création serait de l’ordre de 3000, celui des aides en faveur des entreprises atteindrait plus d’une centaine !
    Comme le souligne Nadine Levratto « On ne peut que s’interroger sur ce foisonnement qui, certes, peut répondre à l’hétérogénéité de la population des créateurs, mais qui reste, de fait, un maquis inextricable au point qu’il faille publier des guides pour tenter de démêler l’effectivement efficace de ce qui s’apparente davantage à une stratégie de communication. Dans un domaine ou le plus n’est pas forcément synonyme de mieux, les autorités locales concernées par l’entrepreneuriat ont aussi et peut-être surtout pour mission d’améliorer la lisibilité des dispositifs nombreux destinés aux créateurs. L’amélioration de la position des villes françaises passe ainsi certainement par leur rationalisation ».

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Les entrepreneurs italiens face à la crise. De l’importance des intangibles
Turin, la nouvelle entrée au classement ECER-Banque Populaire se place en tête des villes italiennes, devant Naples, Milan et Rome dont les scores sont très proches les uns des autres. Cependant, l’ensemble des villes italiennes est dans le groupe de queue du classement, loin derrière les villes du nord de l’Europe.

1) L’Italie est un pays de fortes disparités régionales
    Il existe une forte disparité des niveaux de vie entre les régions italiennes. Le dossier annuel du Sole 24Ore sur le niveau de vie met clairement en tête les régions du nord de l’Italie (Trentino Alto Adige, Valle d’Aosta) et au dernier rang sur 36 critères (revenu, taux d’occupation, natalité, santé, etc) Campanie, Pouilles, Sicile et Calabre.
    Les régions du nord, notamment la Lombardie et l'Émilie-Romagne, ont un des PIB par habitant les plus élevés de l'union européenne et comparable à celui d'Île-de-France ou de la région de Londres. En revanche les régions méridionales accusent toujours un retard économique notable par rapport aux régions du nord. Le taux de chômage officiel est de 5,6 % mais il varie selon les régions, notamment entre le nord (3%) et le sud (15%) du pays.

2) Une administration peu efficace
    L’administration italienne est considérée comme peu efficace par les entrepreneurs.
    D’après une étude locale2 l’indice italien est de 83/100, derrière le Royaume-Uni (103), l’Allemagne (97) par exemple. La Banque Mondiale estime que créer une entreprise en Italie est particulièrement difficile : les indicateurs 2009 de Doing Business placent l’Italie au 65ème rang sur 181 pays du monde, pour la facilité de faire des affaires. En diminution de -6% par rapport à 2008 (59ème rang). L’indice de facilité de création d’entreprises place l’Italie au 53e rang. En plus des formalités administratives complexes et coûteuses pour les créateurs, les entreprises italiennes sont pénalisées par le prélèvement fiscal : au total 76% des bénéfices contre une moyenne OCDE de 46,2%.

3) Un gouvernement qui prend des mesures concrètes pour aider les PME
    La perception – légèrement plus - positive des créateurs d’entreprises napolitains a également pu être stimulé par la position du nouveau gouvernement qui a donné d’importants signes de reconnaissance à la ville en organisant par exemple les premiers conseils des ministres dans cette ville.
    La réforme de l’administration représente une des priorités du nouveau Ministre Brunetta qui entame la modernisation « en pensant non seulement au Pays dans son ensemble » (…) « mais en ce moment de faiblesse de la compétitivité du système économique » (…) « aux caractéristiques des entreprises privées italiennes (petite dimension, propriété familiale, tournée vers l’exportation) ».

4) Des entrepreneurs optimistes face à la crise
    L'Italie a une longue tradition de dynamisme entrepreneurial, en particulier grâce à l'existence d'un dense réseau de PME constitué de sous-traitants, de petites et de très petites structures. Parallèlement, il existe une économie souterraine surtout présente dans le sud de l'Italie. Un des rares indicateurs de l’économie italienne qui ne soit pas à la baisse au cours de ces derniers mois est celui de la confiance des entrepreneurs dans le futur.
    Malgré un cadre conjoncturel assez préoccupant, dans la ville de Milan, les entreprises ont augmenté de 1,8 % en 2008, un chiffre supérieur à la moyenne nationale. Et les entrepreneurs milanais disent « Non au catastrophisme » : pour les deux tiers des entrepreneurs italiens (63,3%) qui ont répondu à l’enquête de la Chambre de Commerce de Milan en novembre 2008, la crise actuelle est perçue comme une « phase normale de ralentissement de la conjoncture économique ». 

5) De l’importance des intangibles
    En termes de PIB, l’Italie se place au 7ème rang mondial et pourtant elle n’est que 46ème du classement élaboré par le World Economic Forum sur la compétitivité globale, après la France (18ème), le Chili (26ème) ou encore la Lettonie (23ème) ! Peut-on considérer cette évaluation comme une « évaluation comptable » différente de la valeur immatérielle et de la capacité à générer de la valeur dans le futur ? Cette valeur dépend de ressources et de compétences intangibles (qualité de la formation, de l’éducation et de la recherche, capacité de s’adapter rapidement au changement, qualité de l’ordre public, de l’environnement, du system juridique et politique). Ces valeurs sont plus difficiles à mesurer et elle ne figure pas facilement dans les nombreux classements contradictoires du pays.
    En conclusion, la crise actuelle pourrait avoir même des conséquences positives si elle sert d’accélérateur à des processus de changement en ramenant la finance « au réel », en stimulant des mutations et des adaptations.

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